jeudi 25 août 2016

Jouons à nous faire peur!

J'avoue volontiers que de vivre hors de France depuis 10 ans est un frein à la compréhension des problèmes majeur que traversent mon pays ! Déjà en 2012, j'avais perdu pied lors du primordial débat sur le mode abattage de la viande. Un sujet, aussi captivant que le burkini qui anime tant nos médias leur permettant ainsi de compenser la fin des J.O et soulager les stagiaires. Oui, un peu de cynisme pour en rire... si c'est encore possible.



La société française est ultra violente. Et ce que les médias produisent à partir de "l'information" enfonce le clou de cette vérité. Pas un jour sans un sujet appelant à une réaction primaire de la part du lecteur ! C'est ainsi que l'on se retrouve avec des spécialistes en tous genre, priés d'expliquer ce qu'ils n'ont jamais vu venir. Il en est assez de voir un traitement de l'information si bas de gamme et de lire des dépêches d'agences mal paraphrasées. Le feuilletonnage de l'information est un phénomène dévastateur. Il fait d'un non sujet, une mini série avec ses rebondissements et ses promesses de sensationnalisme. Vomissons tous en cœur !


Le politique lui, est tout à fait heureux de cette situation. En effet, de nombreux micros se penchent vers ceux dont on sait qu'ils produiront la phrase permettant le titre accrocheur qui fera "clic"! Une pièce de plus dans la machine, on est reparti pour un tour. Et c'est ainsi que jusqu'à réaction gouvernementale chacun ira de son petit commentaire inutile et excessif. Le tout sera passé à la moulinette de brillants commentateurs millénaire que même mes grands-parents connaissent. Une mélasse politico-médiatique désespérante de bêtise et d’inconscience. Le buzz est désormais l'objectif et il n'y a pas de restriction pour y parvenir. Même France Télévisions a sombrer dans cette logique toujours plus folle d'être au plus près des catastrophes afin que les gens, depuis leur confortable salon, puissent ressentir l'horreur, accompagné d'une voix off glauque qui ne fait que répéter inlassablement ce que dit son "confrère" d'en face. Une course sans fin qui dérape, trop souvent, et qui a pour effet d'inquiéter une population et de tomber dans un pathos lourd et malsain.

La peur est là. Et on le sait tous : elle est très mauvaise conseillère. La campagne se profile en cette rentrée et les coups vont pleuvoir. Entre eux et contre ceux d'en face... le venin va jaillir et les alliances se composer et de se décomposer à la vitesse d'un timelapse. Nul n'est capable de dire ce qui résultera de ce "bordel" ambiant, mais une chose est sûre : l'issue de cette séquence "post Nice" tout à fait insupportable, va laisser des traces. 

Laissons-nous tranquille ! Ça commence vraiment à bien faire que de se faire peur tout le temps...